Meeting du 1er mai 1949

Le caroussel des fêtes aériennes commence à tourner

J’avais réussi à passer plusieurs contrats d’engagement avec des équipes d’aviateurs étrangers d’une grande renommée pour un meeting aérien qui fut organisé le 1er mai 1949 en collaboration avec l’Aéro-Club de Luxembourg, dans les champs du “Findel”. Au programme figuraient des escadrilles militaires belges et françaises, ainsi que les parachutistes français “Les Gueules cassées”. Ils ont présenté des numéros d’acrobatie aérienne et de sauts en parachute absolument fantastiques. Mais le temps qu’il faisait n’était pas fantastique du tout. Une forte tempête s’était en effet mêlée de la partie et à un moment donné on craignait même qu’il ne fallût tout simplement annuler le programme. Mais les responsables de l’organisation n’osaient pas prendre cette décision, parce que les spectateurs étaient venus surtout pour voir le pilote nati­onal Lou Hemmer qui devait présenter un numéro d’acrobatie aérienne avec son élève H.Kraemer dit Menni

La forcede la tempête s’intensifia de plus en plus et il fallait prendre une décision. Le Président de l’Aéro-Club était d’avis que le public ne devait pas être privé de ce numéro, et pour cause! Seulement, il semblait se soucier peu de la vie des artistes appelés à exécuter ce tour de force, car c’était de la pure folie! Hélàs, quand le vin est tiré, il faut le boire. Une voix criarde annonça par les haut-parleurs: “Maintenant notre pilote national Lou Hemmer et son élève Menni Kraemer vous présente­ront un numéro d’acrobatie aérienne à vous couper le souffle! La manifestation prendra fin par un solo de trompette de Menni Kraemer qui exécutera la “Hémecht”(Hymne National Luxembourgeois) en plein vol!”

Préparation échelle pour l'acrobatie

C’était le grand suspense. Et si le public gardait un calme absolu, la tempête reprenait de plus belle. Menni et moi, nous sommes partis avec des sentiments bien mitigés, inlassablement chahutés dans la carlingue de l’avion qui était exposé aux débandages les plus pernicieuses de la tempête.

Il est dur d’échouer, mais il est pire de n’avoir jamais essayé de réussir. Th. Roosevelt

Avec un sang-froid pour le moins surprenant, et désarmant le dernier des peureux, Menni déroula alors une échelle de corde, longue de 7 à 8 mètres qui avait été attachée au train d’atterrissage. Dès que l’avion eut atteint l’altitude minimum requise – nous étions à quelque 40 mètres du sol – Menni sortit de la carlingue, descendit l’échelle jusqu’au dernier échelon et se fit bousculer par la tempête dans toutes les directions possibles. Il se jeta des deux côtés comme le pendule d’un métronome au rythme du galop. C’était un spectacle ahurissant à voir!

Il est vrai que ce jour-là, nous avons frôlé la catastrophe. C’est que je n’avais pas remarqué que j’avais perdu de l’altitude et tout à coup je vis la silhouette d’un mât téléphonique qui passait à côté de moi, peu en­dessous de l’avion. La sueur froide me monta au front quand je pensai que Menni aurait pu rentrer de plein fouet dans cet obstacle. Mais Menni tenait bon et il jouait à merveille son rôle de cascadeur.

Menni cascadeur . . .

Au départ nous avions convenu que, si par hasard les forces l’abandon­naient et qu’il n’eût plus le courage de remonter dans l’avion, nous aurions pris la direction de Mersch. J’aurais survolé l’Alzette à basse altitude et Menni n’aurait eu qu’à lâcher la corde et se jeter dans la rivière d’où il aurait été repêché par des riverains qui avaient été déjà avertis avant le début de la démonstration. Or, Menni s’acquittait bien de sa tâche et les riverains de l’Alzette attendaient en vain l’arrivée de leur poisson insolite qui devait leur tomber du ciel. Se défiant de tous les dangers qui le guettaient dans la tempête, Menni finit son numéro et il remonta dans la carlingue. Il était épuisé, certes, mais il trouvait encore bien du souffle pour exécuter la “Hémecht” sur sa trompette. Menni rayonnait de bonheur, car il avait réussi à déclencher l’enthousiasme frénétique du public qui ne cessait d’applaudir et de crier de joie quand l’avion s’était posé sur le plancher des vaches. Une chose est certaine: avec ce numéro d’acrobatie, où Menni avait démontré combien il était courageux et téméraire, j’avais vécu les moments les plus inquiets et les plus inoubliables dans ma carrière d’aviateur!

Henri Kraemer dit Menni était propriétaire de la “Klemm” sa “Klemm” avion qu’il entretenait et volait comme un bijou précieux. Lisez ici l’histoire de la  Klemm LX-MAF

Elisabeth BOSELLI

Au programme de ce 1er mai 1949 figurait aussi la célèbre aviatrice-acrobate française Mlle Elisabeth Boselli.

Malheureusement à l’atterrissage après sa 2ième démonstration acrobatique son avion “Stampe” fut pris par un violent coup de vent qui arrêta complètement l’hélice et l’avion resta incontrollable et l’unique souci de Mlle Boselli fût de poser son avion avec le moins de dégâts possibles et ce qui lui réussit

Avion d'E.Boselli après accident

Avion d'E.Boselli avant accident

 

 

 

 

 

 

Le mot  peur je ne connais pas “expliqua-t-elle  par après !!

Ci-dessous un petit mot remis par Elisabeth Boselli au reporter du Lux.Wort destiné aux futures aviatrices du Grand-Duché  . . .

 

 

 

Élisabeth Boselli, née le 11 mars 1914 à Paris, décédée le 25 novembre 2005, fut la première femme pilote de chasse de l’Armée Française. Brevetée au sortir de la Seconde Guerre Mondiale en 1946 , elle n’eut de cesse de multiplier les exploits. Elle fut détentrice de huit records du monde.

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